voeux Bonne année !


les femmes tibétaines PDF Imprimer Envoyer

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Introduction.

Elles sont belles, courageuses, pleines de bonté et défendent activement depuis la colonisation chinoise, la liberté de leur pays. Un dicton existe à leur propos: "elles sont douces comme des chattes mais aussi dures à tordre que le cou d'un yack". Elles allient délicatesse et force, timidité et courage. Les Tibétaines méritent largement que l'on parle d'elles.

Savez-vous que le protecteur du Tibet est une femme?
Commençons par elle:

Tara, la Tibétaine.



S'il y a bien un pays au monde où les femmes sont considérées comme égales aux hommes, c'est le Tibet. Même si la colonisation chinoise a bien changé les choses, les tibétains entre eux homme/femmes se respectent toujours autant. les Tibétaines ont toujours eu une relative indépendance. Sans doute le fait des caravanes marchandes qui entraînaient les hommes loin de la maison familiale pendant de longs mois. La condition de la femme mariée est généralement bonne. Même si elle partage avec l'homme les besognes les plus dures, elle est la maîtresse du logis et gère souvent sa fortune personnelle tout comme celle de son foyer. Bien que rares, certaines furent reconnues comme les réincarnations d'hommes ou de femmes, les nonneries étaient florissantes et quelques unes furent de grands yogis. Il n'y a que l'administration gouvernemental ou elles n'ont jamais accédé. Mais les choses changent puisqu'en exil les femmes ont désormais des rôles importants dans le gouvernement.


Pour les tibétains, amour rime avec humour. Chez eux, le flirt est un état d'esprit. Comme dans d'autres pays d'Asie, garçons et filles se groupent en équipes opposées pour échanger des railleries en chansons ou en vers. Celui ou celle dont les réparties sont les plus spirituelles remporte la palme de la séduction.

Les jeunes gens sont très libres. Les relations sexuelles avant le mariage peuvent avoir lieu sans entraîner de drames familiaux. Dans le cas d'une naissance avant mariage, on tente de convaincre les jeunes gens de se marier. Sinon, le jeune homme se devra d'offrir une compensation à la famille.

En ce qui concerne le mariage, le futur mari se doit d'apporter une dot couvrant les dépenses faites pour élever la fille qui va quitter sa famille. La mariée emporte avec elle des effets personnelles bijoux, pierres précieuses meubles etc. qui lui permettront de subvenir à ses besoins en cas de divorce par exemple ... Aujourd'hui le mariage est plutôt monogame mais la polyandrie fraternelle , largement pratiquée autrefois, l'est toujours dans certaines régions. Les enfants étant en général considérés comme ceux de l'aîné. Si la polygamie existait, il semble qu'elle fut moins fréquente et comme la polyandrie, elle était le plus souvent limitée à des soeurs. Le mariage a toujours lieu avec le consentement mutuel des époux et de leurs familles respectives. Sans être véritablement arrangé, il s'efforce de ne pas diviser les biens de la famille. Cependant des mariages décidés par les familles ont toujours existé. Encore aujourd'hui et même en exil. Parfois les futurs mariés ne se sont jamais rencontrés avant la cérémonie.

Il n'existe pas à proprement parler de rites religieux de mariage. Un astrologue est néanmoins toujours consulté, au moins pour determiner la date idéale du mariage. Moines ou lamas pratiquent cependant certains rituels pour écarter les obstacles, protéger l'union et assurer au couple une longue vie prospère. L'enlèvement de la fiancée par le clan du futur époux est une coutume qui se pratique encore. Ce simulacre est l'occasion de réjouissances auxquelles les amis de la famille sont invités. Le contrat de mariage est une forme de consentement mutuel à se prendre pour époux et précise les biens des deux parties en cas de séparation. Le document est lu à haute voix par l'intermédiaire durant la cérémonie des fiançailles, tandis que la famille du mari présente des cadeaux à tous les membres de la famille de la jeune fille. les Tibétaines ont la possibilité de quitter la demeure de leur mari et veuves, elles peuvent se remarier librement.

Dans l'aristocratie, de nombreux usages et coutumes réglementent le mariage, telles que la présentation des époux, l'offrande des cadeaux, la cérémonie des fiançailles, la réception des invités, etc. En général, l'homme offre à la jeune fille une turquoise ou un corail pour sa chevelure en signe de fiançailles. La veille du mariage, des drapeaux de prières sont érigés sur le toit de la maison. Avant la cérémonie, la fiancée se baigne dans un bain froid d'eau safranée et ses cheveux sont lavés par une jeune fille ayant un thème astral compatible avec le sien. Après le bain, des rites astrologiques sont effectués par un spécialiste puis la mariée sort de la maison le pied droit en premier ce qui porte chance. Finalement la fiancée est escortée par des amis et des parents jusqu'à la maison de son mari. Dans les grandes famille de l'aristocratie, la mariée emporte aussi avec elle un ou plusieurs serviteurs personnels qui font partie intégrante de la famille.


Le seul domaine où les femmes ont le monopole est la grossesse. Aucun homme sur terre ne pourra jamais prétendre mettre un enfant au monde! cet avantage que nous avons sur eux est malheureusement souvent mal vécu. Surtout lorsqu'au Tibet désormais, les chinois commettent d'horribles atrocités sur les femmes enceintes. Voici cependant les us et coutumes de la maternité chez les tibétaines encore largement pratiqués en exil mais qui résistent difficilement à l'oppression chinoise.

On le sait, le bouddhisme tient une place importante dans la culture tibétaine et la grossesse n'y échappe pas. Santé et religion sont indissociables avant même la conception. Tout comme le mariage , un astrologue est consulté afin de connaître le moment propice de la fécondation. Les tibétains croient en la réincarnation. La naissance est donc considérée comme le prolongement de la vie sans commencement ni fin. Inutile de vous dire la joie des parents lorsque l'on découvre que leur enfant est la réincarnation d'un grand lama.

La médecine tibétaine a su très tôt expliquer la vie intra-utérine. Des textes et des peintures du 11 ème siècle décrivent les différentes étapes du développement du foetus.

Durant la grossesse, les rêves de la future maman ont une grande importance. Ils peuvent révéler des traits de la personnalité du bébé, annoncer une naissance heureuse ou non. Les rêves les plus étranges sont associés à la vie passée du foetus qui sont communiqués à la future maman. Coté alimentation, un régime assez strict est respecté, adapté à chaque étape de la grossesse. C'est la nourriture absorbée par la mère qui détermine la beauté de la peau du bébé.Tout comme en occident, l'alcool, le café, et le tabac sont déconseillés jusqu'à la naissance. Ainsi que les relation sexuelles, contrairement à l'occident !

Le terme de la grossesse est généralement de 9 mois mais selon certaines croyances, la gestation peut durer 1 an ! Les tibétaines accouchent la plupart du temps au domicile. Elles sont souvent assistées d'une sage femme qui récite des mantras et effectue différents rituels. A défaut de sage femme, elles sont aidées par une voisine, soeur, amie, mais parfois elles se retrouvent seules en raison de leur isolement, surtout chez les nomades.En exil elles ont plus de chance car elles bénéficient des infrastructures hospitalières du pays d'accueil.

Après la naissance, le cordon ombilical est conservé par la mère pour servir éventuellement plus tard pour guérir le bébé de certaines maladies. La mère n'a pas le droit de toucher les biens de la maison ou même ses propres cheveux avant de s'être lavée et d'avoir revêtu de nouveaux vêtements au risque de voir ces éléments se dégrader anormalement vite.

Le prénom du bébé est rarement choisi par les parents uniquement mais avec l'aide d'un lama. S'en suit une série de cérémonies religieuses pour assurer une longue et heureuse vie à l'enfant.

Document: Les tibétaines privées du droit de procréer.



La façon de s'habiller, de se coiffer, de se parer de bijoux varie d'une région à l'autre. C'est d'ailleurs grâce à ces différences que l'on sait d'où vient telle ou telle femme. Il existe cependant quelques classiques communs à toutes les femmes: elles portent toute la chuba et prennent soin de leurs cheveux. Bien des choses ont changé depuis la colonisation chinoise et beaucoup de femmes ne portent plus leurs bijoux et brocards que pour les grandes occasions.

En savoir plus.



Les premières révoltes de 1959.

Le 10 mars 1959, 30 000 Tibétains se regroupent autour du palais du Norbulingka à Lhassa pour empêcher l'armée chinoise d'enlever le Dalai Lama et réclamer la fin de l'occupation chinoise .Le lendemain, les Tibétaines décident de se s'allier contre l'envahisseur, nomment des représentantes, planifient des actions. La figure de proue de ce mouvement est Pamo Kusang, qui a déjà entraîné les foules du Norbulingka en scandant des slogans. Vêtue d'une chuba et d'un gros bonnet de laine, elle va galvaniser et guider ses consoeurs. Les femmes adoptent une résolution où elles précisent que le Tibet appartient aux Tibétains, parfaitement capables de gérer eux mêmes leur pays et que les chinois n'ont pas le moindre droit d'ingérence dans leurs affaires. Elles exigent qu'ils se retirent du pays. Le 12 mars plusieurs milliers de Tibétaines se rassemblent au pied du Potala rejoignant les hommes dans leur résistance. Pamo kusang leur explique que la lutte doit demeurer non violente et les exhorte à adresser un mémorandum aux missions étrangères établies à Lhassa qui comme on le sait resteront muettes et inactives face à la colonisation..Les Tibétaines (environ 15 000) se réuniront tous les jours jusqu'au 20 mars date à laquelle les chinois bombarderont Lhassa. Plusieurs de ces femmes furent arrêtées et les dirigeantes de cette manifestation furent publiquement exécutées. Avant de mourir, Palmo Kusang s'arrangera pour monter dans la prison même un mouvement insurrectionnel baptisé "l'image du Bouddha". En 1970, elle organisera une manifestation carcérale.

Et après...

Durant la révolte du Kham, lorsque le mari était retenu prisonnier ou mourait au combat, certaines devinrent des chefs de guérilla respectées et craintes. Comme par exemple, une nonne du nom de Trinley Chodom qui réussira à mobiliser des centaines de femmes pour monter un mouvement de guérilla qui réussit à expulser les chinois de la ville de Nyemo. Finalement Trinley et 60 autres Tibétaines seront torturées, emprisonnées puis exécutées en public, après avoir été exhibées dans tout Lhassa.

En 1969, à Shar Pemba, dans le Kham, une nonne de 16 ans, Pemba Cho-la, rallie 30 000 Tibétains, qui pendant neuf mois feront front aux chinois jusqu'à la destruction de la ville par une attaque aérienne. Presque tous les hommes survivants sont abattus, et Pemba Cho-La est exécutée en public.

Aujourd'hui encore les femmes résistent à l'occupation chinoise. Au Tibet ou en exil. Nonnes ou laïques. A la ville comme à la campagne. Jeunes ou moins jeunes. Parfois même alors qu'elles sont emprisonnées.


Depuis le début de la colonisation chinoise, les droits élémentaires de la femme au Tibet sont constamment bafoués. Bien que la chine ait ratifié en 1980 la convention des Nations Unies sur l'élimination des formes de discrimination envers les femmes, le gouvernement ne cesse de violer cette ratification.

En savoir plus.

Document: - La violence envers les femmes.


Avant l'invasion chinoise, la prostitution Tibétaine était assez mineure et était mieux considérée qu'en occident. Rappelons que le principe même du bouddhisme Tibétain est la compassion. La tolérance et l'ouverture d'esprit de cette religion y sont sans doute aussi pour quelque chose .

D'ailleurs, la tradition bouddhique lui donnait un rang assez élevé parmi les femmes: "les prostituées étaient considérées comme indépendantes de la moindre autorité masculine et comme de la plus grande générosité , puisqu'elles se donnaient à tous". Certaines furent même citées dans des textes canoniques. Les prostituées étaient surtout des femmes "vacantes". C'est à dire des femmes qui n'étaient pas mariées et le mariage pour une femme était primordial. Donc elles étaient sans ressources et finissaient par se prostituer.

Les Tibétaines ont toujours été assez libres et les rares occidentaux qui ont étudié jadis le problème de la prostitution au Tibet, les ont donc assez facilement cataloguées de prostituées. En fait je le répète elles étaient assez rares.

Il y avait cependant, comme dans tous les pays du monde, de petites maisons, à Lhassa entre autres, où l'on pouvait boire du chang et trouver de jolies demoiselles pour échanger quelques plaisirs divers...! D'ailleurs, le 6 ème Dalai Lama, réputé pour ses poèmes coquins et ses loisirs autres que théologiques, quittait souvent discrètement le Potala pour aller se divertir dans ces maisons de chang...!

Aujourd'hui, la prostitution au Tibet est grandissante. Avec comme conséquence directe: l'arrivée ces dernières années du SIDA.

Bien que la majorité des prostituées au Tibet soient chinoises , ces dernières se font un "plaisir" d'initier les jeunes femmes Tibétaines qui dans la misère la plus totale n'ont d'autre choix que la prostitution pour survivre . Il arrive aussi que des fonctionnaires chinois forcent de jeunes filles à se prostituer.

Officiellement le gouvernement chinois condamne la prostitution, comme la majorité des pays... En fait au Tibet elle y est encouragée. Des prostituées chinoises arrivent par camions entiers au Tibet. Les jeunes Tibétains privés d'éducation et de travail sont encouragés à boire et à user des plaisirs charnels. Encore une autre façon d'anéantir la culture et le peuple Tibétain.

Si vous allez à Lhassa, vous verrez un grand nombre de "salons de coiffure". En fait, des maisons closes se cachent derrière ces façades. Les prostituées attendant le client tout en tricotant. On les surnomme d'ailleurs les "tricoteuses".

Aux alentours de certains sites touristiques, de jeunes prostituées Tibétaines en habits traditionnels louent leur corps pour 100 francs. Certains guides Tibétains préfèrent néanmoins les chinoises, plus entreprenantes...

 

Pour compléter cet article: un document qui date de quelques années mais malheureusement toujours d'actualité.

- La terre des "tricoteuses".



Mars 1994 à mars 1995 fut déclarée année internationale des tibétaines. Cette année avait pour but de préparer le terrain pour la 4 ème conférence mondiale sur les femmes organisée par l'ONU à pékin en septembre 1995. Le choix de la chine pour cette conférence fut bien contesté quand on sait que ce pays viole en toute impunité les droits de l'homme en général. De plus lors de ce colloque, quelques tibétaines étaient présentes mais avaient été sélectionnées par le gouvernement chinois et n'avaient pu s'exprimer librement.

Durant l'année des tibétaines, un meeting et une marche avait été organisés à Dharamsala. Ainsi que des expositions, conférences, séminaires, festivals, campagnes et pétitions. Tout ceci afin de sensibiliser l'opinion mondiale aux problèmes tibétains.

Les tibétaines ont donc lancé "un appel à toutes les femmes de conscience pour qu'elles s'informent sur la vraie situation au Tibet". Cette année tibétaine fut aussi l'occasion de célébrer le 10 ème anniversaire de la création le l'association des tibétaines en exil: la TWA.




Sensibilisées à la survie de leur communauté, elles occupent des fonctions qui contribuent à l'amélioration de la communauté en exil. Elles sont majoritairement présentes dans le corps médical, (où elles sont devenues plus nombreuses que les hommes), l'éducation et les orphelinats à l'instar du TCV (tibetan children village). Elles ont aussi fondé la TWA.

En savoir plus.


Sites anglais sur les femmes Tibétaines:

http://www.tibet.com/Women/index.html

http://www.tibet.org/Activism/Women/

 

Ce dossier a été réalisé avec l'aide: - Des livres que vous trouverez dans ma rubrique" livres". - "la femme au temps des Dalai Lamas" d'Anne Chayet. - "Neuf mois" magazine mai/juin 2000 . - "Actualités Tibétaines" (mai 1994). - Les sites anglais. Merci donc à toutes ces sources de données.

Mis à jour ( Mercredi, 19 Novembre 2008 22:11 )
 
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